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Livrets pédagogiques

Le service éducatif vous propose de découvrir des livrets pédagogiques relatifs aux expositions présentées au sein des Archives départementales. Découvrez dès maintenant "Aux temps des châteaux", "Justice et justiciables", "Lettres de fusillés Côte-d'Oriens", "Vivre à la Belle époque" et le dernier de la série "Résister par l'art et la littérature".


Nouveautés du service éducatif

Le service éducatif, tout en maintenant une exposition annuelle dans les locaux des Archives, propose une nouvelle série de publications, sous forme d'un livret pédagogique, directement utilisable par les enseignants et leurs élèves (documents d'archives des Archives départementales de la Côte-d'Or et fiches d'activité pédagogique).

 

infos_livrets_se_01.jpgAux temps des châteaux

 

Présentation du livret pédagogique


Mettre à la disposition du plus grand nombre de professeurs et d’élèves quelques documents (présentés lors de l’exposition «Aux temps des châteaux» organisée par le Service éducatif des Archives départementales en 2003-2004) pour mieux appréhender l’histoire à partir de sources du patrimoine local, mais aussi pour rendre cette période lointaine plus vivante, à travers des exemples si précis qu’ils nous familiarisent avec lieux et personnages, tel est l’objectif de ce livret pédagogique.

 

Le choix des documents commentés, dix exactement, ni trop ni trop peu, s’est vite imposé. Il devait répondre à plusieurs critères : la variété (sources écrites et iconographiques), l’intérêt, la possibilité d’exploitation pédagogique avec des questions de plusieurs niveaux de difficulté, et l’étalement dans le temps afin de faire comprendre aux élèves et les changements et les permanences de la société bourguignonne du Moyen Age à l’époque moderne. En effet, la chronologie des documents s’étend de 1302 pour le plus ancien, le sceau d’un noble, Hugues le Brun, comte de la Marche (document 3.1), à 1714 pour le terrier rédigé pour le seigneur du Layer, comte de Saulon-la-Chapelle (document 2.3).


De même, l’articulation avec le choix des thèmes a rapidement fonctionné. Trois thèmes, du plus visuel, la représentation et les évolutions des fonctions du château (THÈME 1), au plus complexe, les liens féodaux-vassaliques qui tissent les rapports de la société médiévale et qui se poursuivent jusqu’en 1789, même s’ils sont vidés de leur contenu initial (THÈME 3). Le THÈME 2, la seigneurie, illustré par le beau plan de la seigneurie du Layer (document 2.2) est celui qui traverse le plus les époques : ainsi du plan de 1707 où l’on retrouve la réserve du seigneur, les tenures des paysans et les communaux, comme si le temps s’était figé depuis des siècles. De même, le terrier du Layer de 1714, présenté dans ce thème, reprend les obligations d’anciens terriers pour contraindre les paysans, de plus en plus réticents à se soumettre au vieux système des redevances seigneuriales.


Ce thème peut être utilisé au début de l’année en classe de 4e pour montrer la société rurale sous le règne de Louis XIV dans le chapitre sur la société d’ordres et permettre de faire le lien avec les connaissances acquises en classe de 5e sur la seigneurie médiévale. En effet, ce livret pédagogique s’adresse aux élèves de 5e et de 4e. Il a la volonté d’être pratique, immédiatement utilisable grâce à la fiche d’activité pédagogique, composée de questions courtes et précises, qui obligent les élèves à un examen minutieux des documents ou à une lecture attentive des textes. Quelques questions attendent des réponses plus construites et ouvertes. Selon l’intérêt que chaque professeur y trouvera, d’autres fiches, donc d’autres questions, pourront compléter avec pertinence le travail proposé. Chaque document est l’objet d’une courte présentation et est replacé dans son contexte historique.


Des documents originaux sont montrés dans leur entier, comme le parchemin signé du seigneur Geoffroy de Beauvoir (document 3.2) ou encore la tibériade du château de La Rochepot (document 1.1). Découvrir l’écriture ancienne du XVe siècle est intéressant pour les élèves et témoigne aussi du travail ardu de transcription accompli par les historiens. Les transcriptions des textes médiévaux (document 1.3 et documents 3.2 et 3.3) gardent la proximité des textes originaux, ce qui nécessitera une lecture à voix haute pour en comprendre le sens.

 

 

Justice et justiciables

 

Présentation du livret pédagogique


infos_livrets_se_02_resize.jpgLe thème de la justice est inscrit au programme de la classe de 4e de collège, avec plusieurs entrées possibles, en cours d’histoire mais aussi d’éducation civique.


La leçon sur la monarchie absolue de Louis XIV commence par la présentation du roi, source de toute loi et de toute justice. Cette image du roi de justice, déjà montrée à nos élèves pour le Moyen Âge, leur est familière et ils gardent en mémoire le texte du chroniqueur Joinville, évoquant saint Louis, rendant une justice équitable, sous un chêne au bois de Vincennes. Pour illustrer l’évolution d’un régime monarchique qui, à l’époque moderne, est devenu absolu, c’est la toute puissance du souverain en matière judiciaire qui est mise en avant, avec les lettres de cachet mais aussi le droit de grâce, droit régalien accordé à un roi sacré et marque de la justice retenue. Le professeur insiste sur le rôle essentiel du personnel judiciaire dans la société d’Ancien Régime, au travers de la place des Messieurs du parlement. Les parlementaires du XVIIe siècle représentent l’ascension d’une catégorie sociale, la noblesse de robe, dont la place est centrale dans toutes les villes où siège une cour souveraine. La vénalité de leurs charges, la fameuse vénalité des offices, est la marque des difficultés financières permanentes de la Couronne, mais aussi de l’indépendance de leurs titulaires.


C’est pourquoi, dans le cours sur la remise en cause de l’absolutisme au XVIIIe siècle, on retrouve les parlementaires comme force d’opposition systématique à l’égard du pouvoir royal et véritables porte-parole de l’opinion publique naissante. Mais le siècle des Lumières est surtout celui des dénonciations cinglantes des grands philosophes qui fustigent l’obscurantisme de toutes les procédures et usages judiciaires traditionnels, en particulier la pratique légale de la torture. La condamnation de la violence judiciaire que l’on présente avec l’affaire Calas, évoquée dans le traité de tolérance de Voltaire, s’inscrit dans un débat plus large à l’époque qui est celui de la critique de la monarchie absolue. L’arbitraire judiciaire est présenté comme un corollaire de l’arbitraire politique. Avant même la Révolution, des projets de réforme du système judiciaire sont proposés au roi. Les modifications apportées par 1789 dans ce domaine sont évoquées très rapidement : l’élection et le nouveau statut des juges, décidés par la Constituante, l’abolition des tortures cruelles, contenue dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.


L’enseignant de la classe de 4e doit ensuite expliquer la place essentielle du Code civil dans l’oeuvre du Consulat. C’est pourquoi la connaissance de quelques grandes ordonnances monarchiques fixant et clarifiant les procédures judiciaires aux XVIe et XVIIe siècles permet de mieux faire comprendre à nos élèves les attentes de tout pouvoir, quel qu’il soit, d’une justice plus prompte, plus facile et plus sûre, selon les termes de l’ordonnance royale de 1667.


Ce thème essentiel de la justice revient par conséquent à plusieurs reprises. Cependant, il est, par expérience, assez délicat à aborder. Le vocabulaire relatif à ce domaine est très peu connu et difficile d’accès pour des jeunes de 4e. On se risque rarement à donner à lire des extraits d’ordonnances royales. Dans les manuels scolaires, nous ne trouvons pas de documents sur des affaires jugées, à l’exception de celles qui ont défrayé la chronique. Or, nous savons que les affaires courantes, la justice de proximité en quelque sorte, sont les plus significatives de l’état d’une société, à un moment donné. En bref, nous donnons souvent une vision un peu dissymétrique de la justice sous l’Ancien Régime, faute d’exemples précis.


C’est pour pallier, très modestement, ces manques et surtout pour faire connaître les richesses des Archives départementales de la Côte-d’Or que ce livret pédagogique, deuxième de la série, a repris quelques documents présentés dans l’exposition préparée par les enseignants responsables du Service éducatif, Justice et justiciables en Bourgogne sous l’Ancien régime, qui s’est déroulée de mars 2008 à mars 2009. Le principe, déjà adopté dans le premier livret consacré aux châteaux, de sélectionner un petit nombre de documents originaux, facilement exploitables en classe par les enseignants, a été à nouveau retenu.

 

infos_livrets_se_03_resize.jpgLettres de fusillés Côte-d'Oriens

 

Présentation du livret pédagogique

 

Le Rectorat a permis l’accès, au printemps 2011, d’archives administratives concernant l’affaire des normaliens fusillés en mars 1942, conservées dans
ses locaux.


A partir de ces nouvelles sources et des travaux universitaires récents, il nous paraît possible d’apporter un éclairage complémentaire sur cet épisode déjà bien étudié, en le complétant par la publication de lettres moins connues des martyrs du maquis Tabou fusillés en janvier 1944. Nous rappellerons brièvement les événements à l’origine du 7 mars 1942 et du 11 janvier 1944.


Le Bulletin officiel de l’éducation nationale n°30 du 30 août 2007 prévoit que le 22 octobre sera la journée de commémoration du souvenir de Guy Môquet et de ses 26 compagnons fusillés.


Lorsque son père, député communiste de Paris, est déchu de son mandat en 1940, Guy Môquet, alors âgé de 16 ans et élève au lycée Carnot à Paris, décide d’entrer dans les Jeunesses communistes. Dénoncé lors d’une distribution clandestine de tracts, il est arrêté, le 13 octobre 1940, et transféré, malgré son acquittement, au camp de Choisel-Châteaubriant (Loire-Atlantique), le 16 mai 1941. Depuis mars 1941, son père, Prosper Môquet, est incarcéré dans la centrale algérienne de Maison Carrée. Le jeune résistant communiste est fusillé comme otage le 22 octobre 1941. Il a 17 ans et demi.


La commémoration de la mort de Guy Môquet et de ses 26 compagnons et de tous les autres fusillés est en effet l’occasion de rappeler aux élèves l’engagement, durant la Seconde Guerre mondiale, de jeunes gens et de jeunes filles de toutes les régions et de tous les milieux et qui firent le choix de la résistance, souvent au prix de leur vie. Les valeurs de courage et d’engagement dont ils firent preuve furent partagés par d’autres à l’instar de ces jeunes allemands, Hans et Sophie Scholl, fondateurs de la « Rose blanche », décapités, à Munich, le jour même de leur condamnation pour avoir lutté contre le nazisme dans leur propre pays.


Certaines lettres écrites par des jeunes, quelques heures souvent avant de mourir, sont rassemblées en annexe du BOEN évoqué ci-dessous. La plupart provient de l’ensemble de lettres choisies et présentées par Guy Krivopissko dans La vie à en mourir. Lettres de Fusillés (1941-1944).


Selon Louis Devance, les Allemands ont fusillé 134 civils en Côte-d’Or entre 1940 et 1944, parmi lesquels quatre normaliens René Romenteau, Jean Schellnenberger, Pierre Vieillard, René Laforge et leur camarade artisan-ébéniste, Robert Creux, le 7 mars 1942.


Par ailleurs, le 11 janvier 1944, un conseil de guerre allemand siège à Chaumont, où il condamne à la peine de mort 11 maquisards du maquis Tabou arrêtés près de Grancey-le-Château et de Pothières, en Côte-d’Or.


Les autorités allemandes pouvaient permettre à leurs victimes de rédiger une dernière lettre à des proches. Elles l’ont aussi refusé et certaines lettres ont été retenues et détruites. Les nazis faisaient tout pour rendre invisibles les tombes et le souvenir de leurs victimes, après avoir utilisé leur supplice pour dissuader les Français de toute forme de résistance. Pour nous arrêter à l’inégalité de nos sources relatives aux deux drames des 7 mars 1942 et 11 janvier 1944, qui déséquilibre notre étude, il nous a paru légitime de profiter de la commémoration du 22 octobre pour exhumer certaines de ces lettres et de les proposer, en les replaçant dans leur contexte, aux professeurs des établissements de Côte-d’Or, pour qu’ils puissent les utiliser, dans leur cours, comme et quand ils l’entendent, en fonction de la progression de leur enseignement.


Ainsi, nous tentons de rompre « l’invisibilisation » des victimes voulue par les Allemands et rendre aussi hommage aux jeunes résistants côte-d’oriens morts tragiquement et courageusement pour des valeurs qui doivent être aussi celles des générations présentes.


Les Archives de la Côte-d’Or, mais aussi des familles de martyrs du département, conservent certaines de ces lettres. Elles peuvent figurer dignement dans cette commémoration nationale, ou dans l’organisation du cours de chaque professeur, preuves de l’engagement des jeunes dans la défense de l’humanisme, en Côte-d’Or comme dans toute la France.

 


Vivre à la Belle époquebelle_epoque_livret.jpg

 

Présentation du livret pédagogique

A l’approche de la commémoration du centenaire des évènements qui conduisirent à la Première Guerre mondiale, il est intéressant d’ouvrir un nouveau livret pédagogique sur la période qui précéda cette déflagration majeure, considérée comme la matrice du XXe siècle.


La « Belle Époque » est l’expression couramment employée pour désigner la période de l’avantguerre.Cette formule s’est imposée dès 1919. Son succès fut d’autant plus fort que l’époque était révolue. « L’avant-1914 », idéalisé, venait après la brutalité et les difficultés de la Grande Guerre. Il contenait une sorte de douceur et de joie de vivre dont le souvenir était certes embelli, mais réconfortant. Il n’en est pas moins vrai que la solidité du régime républicain, le dynamisme de l’économie, le rayonnement de la France dans le monde et les innovations techniques résonnent juste à cette appellation de « Belle Epoque ».


Mais des crises graves comme l’affaire Dreyfus, la question sociale, la séparation de l’Etat et de l’Eglise, la loi des trois ans, … traversent « l’esprit public » et divisent les Françaises et les Français, sans que nous puissions les aborder toutes ici.


Persistantes, elles imposent de nuancer cette représentation et permettent de comprendre certains aspects de la catastrophe à venir.


La présentation d’archives locales va nous permettre d’aborder plusieurs thèmes particulièrement marquants de cette période que les historiens font démarrer au renversement de la conjoncture économique de 1896-1897.


Il ne s’agit pas d’une étude exhaustive de la période mais d’une présentation de documents, de sources, conservés dans les fonds des ADCO, en fonction des versements réalisés par les différentes administrations, après un tri, et par le choix de particuliers locaux.

 

 

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Résister par l'art et la littérature

 

Présentation du livret pédagogique

 

La Lettre de la Fondation de la Résistance (n° 82) ainsi que des ressources en ligne sur www.fondationdelaresistance.org ou www.museedelaresistance.org offrent une matière déjà substantielle aux élèves.
Les Archives départementales de la Côte-d’Or ont eu l’idée de proposer aux participants du Concours national de la Résistance et de la Déportation 2015-2016 des exemples sûrement plus modestes (dans leur réalisation artistique ou littéraire) et moins prestigieux (car bien souvent oeuvres d’anonymes ou d’obscurs), mais au moins aussi significatifs, du point de vue historique, et émouvants, pour qui vit, étudie et travaille en Côte-d’Or.



L’occupant allemand et le gouvernement de Vichy avaient si bien compris que les résistants menaient aussi le combat avec l’art et la littérature qu’ils allèrent aussi sur ce terrain-là. Il faut étudier ces vrais-faux tracts (Partie 4) avec discernement et tenir compte de l’ambiance de grande confusion qui régnait alors, pour éviter de faire des confusions aujourd’hui ; ces documents permettent de mieux comprendre que la Résistance fut aussi une guerre de chansons, de papillons et de graffiti. Ils permettent aussi aux élèves, guidés par leur enseignant, de faire un travail d’analyse critique sur des documents-source.



 

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