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Les archives centrales du duché de Bourgogne
Aux coeur des Archives départementales de la Côte-d'Or figure le Trésor des chartes, réceptacle des archives domaniales du duc (titres de propriété et titres féodaux), des contrats d'ordre plus personnel (mariages, testaments, etc.) relatifs aux divers membres des deux dynasties ducales successives, ainsi que des actes relatifs aux événements politiques dans lesquels ils furent impliqués. Formé sous le duc Eudes III (1193-1218), ce Trésor des chartes se trouvait au début XIVe siècle au château de Talant : un inventaire de cette époque en décrit le contenu. Transféré à Dijon vers 1365, dans une chapelle de l'hôtel ducal, il fut finalement placé sous l'autorité de la Chambre des comptes en 1446. Mais, conservé dans une tour bâtie spécialement entre 1462 et 1468, il demeura distinct des archives de la Chambre, jusque dans le courant du XVIIIe siècle, où il fut finalement confondu avec elles.
Quant à la Chambre des comptes de Dijon, née au XIIIe siècle mais véritablement organisée sous Philippe le Hardi en 1386, sur le modèle parisien, elle est à l'origine d'archives spécifiques considérables, à la mesure de sa durée de vie (jusqu'à la fin de l'Ancien Régime) et de l'ampleur de ses missions : audition de tous les comptes issus des diverses seigneuries ducales, conservation du domaine et des revenus ducaux, puis royaux après 1477, une partie de ses attributions ayant toutefois été dévolue au Bureau des finances à partir du XVIe siècle. Dans les locaux que la juridiction occupait depuis 1369 au voisinage du Palais de justice, ses archives s'accrurent en outre, aux XVIIe et XVIIIe siècles, d'importations, parfois massives, de documents extérieurs à la Bourgogne. Le rattachement à la couronne des pays de Bresse, Bugey et Gex, cédés par la Savoie au traité de Lyon en 1601 et placés aussitôt dans le ressort de la Chambre des comptes de Dijon (dont ils avaient déjà dépendu de 1536 à 1556), amena ainsi la cour dijonnaise à rapatrier de Chambéry (1692-1693) et même de Turin (1762) les comptes, terriers et autres pièces utiles à l'exercice de son contrôle comptable et domanial, et qui intégrèrent ainsi ses propres archives. Il en alla de même pour la principauté de Dombes, rattachée judiciairement à la Bourgogne en 1775 et dont une partie des archives aboutirent en 1779 à la Chambre des comptes de Dijon.
Alors que la suppression de la Chambre des comptes remontait à 1791, c'est en mai-juin 1798 seulement que ses archives quittèrent leurs locaux originels pour rejoindre, dans le Palais des États devenu « Maison nationale », la section administrative des Archives départementales gérée par Michel-François Vaillant. Durant ces années intermédiaires, Jean-Baptiste Peincedé (1741-1820), qui avait été garde des archives de la Chambre de 1771 à 1786 et avait présidé à la confection d'un immense inventaire de celles-ci, toujours utile, avait continué de veiller sur ce fonds, limitant ainsi les dispersions et, surtout, les destructions révolutionnaires. Dans leur nouvel entrepôt, ces archives subirent toutefois des dommages supplémentaires, en 1807 (pillage d'enfants) et 1814 (occupation autrichienne), avant d'être transférées dans l'actuel bâtiment des Archives départementales, en 1832-1833, où, classées dans la première section de la série B (instituée par le cadre de classement réglementaire de 1841), elles occupent actuellement 725 ml de rayonnage.
C'est, pour l'essentiel, dans ce fonds que sont présents les quelques milliers de sceaux dont sont riches les Archives départementales de la Côte-d'Or. En effet, les documents des fonds religieux (séries G et H), ont été dépouillés des leurs, très anciennement dans des conditions mal élucidées.
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