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Si l'essentiel des fonds recueillis aux Archives départementales de la Côte-d'Or provient des divers acteurs institutionnels de la vie publique provinciale puis départementale du Moyen Âge à nos jours, ces ressources s'enrichissent, toutes époques confondues, de multiples apports d'origine privée.
Les confiscations révolutionnaires de nombreux papiers d'émigrés, d'octobre 1792 à juillet 1793 principalement, formèrent le noyau premier de ces enrichissements, gérés d'abord au niveau des districts puis, lors de la suppression de ceux-ci, concentrés dans la section « domaniale » des archives départementales, dans les combles de l'ex-Palais des États à Dijon (1796-1797). Là, tout au long de la période révolutionnaire puis au retour des émigrés, ils constituèrent le matériau de multiples recherches et leur consistance même évolua : ces archives formaient « titres » pour les biens nationalisés, elles en documentaient la propriété et suivaient donc le sort de ceux-ci, au gré des ventes ou des restitutions. L'exemple le plus parlant de ce phénomène en Côte-d'Or est le très considérable fonds de Saulx-Tavannes, confisqué en 1792, restitué à la famille en 1816, enfin recouvré par les Archives départementales en 1862.
C'est qu'en effet, dans la suite du XIXe siècle, les archivistes de la Côte-d'Or purent faire bénéficier leur dépôt de la remise volontaire de quelques fonds d'archives importants, comme le fonds Thiard de Bissy, en 1890. Politique que leurs successeurs du XXe siècle eurent à coeur d'accentuer et même, dans la seconde moitié du siècle, de diversifier. Ils étendirent alors leur quête au-delà des archives familiales traditionnelles - sans négliger celles-ci - , pour atteindre le monde dit « du travail » : entreprises, professions libérales, etc.
Quelques jalons de ces accroissements de toute nature s'imposent en priorité : en 1927, le fonds du maréchal Vaillant ; en 1958, le fonds de Vogüé ; en 1987, le fonds de l'architecte départemental Barade et, en 1989, le fonds Foisset. Mais bien d'autres noms devraient être cités pour rendre compte de la multiplicité et de l'envergure de cet ensemble d'archives d'origine privée, le plus souvent entrées à titre gratuit, mais quelquefois acquises par achat, comme certaines collections rassemblées par des amateurs éclairés : collections de Gevigney, achetée en 1839, Vaillant de Meixmoron, en plusieurs étapes à partir de 1896, et Canat de Chizy, en 1961.
Disparate sans doute et aléatoire, mais toujours ouvert à de nouveaux accroissements, cet ensemble, irremplaçable complément des séries d'archives d'origine publique, susceptible en outre de renfermer des perles rares, totalise aujourd'hui près de 1200 ml de rayonnage, répartis entre trois séries différentes selon l'origine des documents : série E pour les titres des émigrés puis certains fonds familiaux entrés avant le XXe siècle, série F pour les acquisitions suivantes (série close en 1996) et série J pour les acquisitions plus récentes.
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