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Archives administratives, de la Révolution à nos jours

À l'heure du département


À la différence des archives de l'Ancien Régime, nées dans le cadre d'une principauté féodale puis d'une province, les archives produites en Côte-d'Or par les administrations nouvelles instituées en 1790, modifiées en l'an VIII et, depuis lors, extraordinairement démultipliées jusqu'à nos jours, documentent évidemment en priorité les réalités circonscrites par le ressort départemental créé par la Révolution. Encore ce cadre s'élargit-il occasionnellement, dans le cas des archives normalement versées par les institutions de ressort inter-départemental sises en Côte-d'Or, telles que rectorat, cour d'appel et, plus récemment, instances régionales diverses.

C'est très tôt, dès 1831, à la veille même du déménagement des Archives départementales à l'hôtel Rolin, que l'installation de bureaux dans les communs de la Préfecture, jusqu'alors utilisés comme dépôt d'archives, provoqua le premier versement aux Archives départementales de papiers issus du « nouveau régime », à savoir ceux de l'administration départementale de l'époque révolutionnaire. Toutefois, la majorité des archives produites dans la suite du XIXe siècle ne gagna les Archives départementales qu'au siècle suivant : le traitement des fonds postérieurs à 1790, à commencer par les fonds révolutionnaires, fut donc surtout le fait des archivistes du XXe siècle. Sans doute leurs prédécesseurs avaient-ils déjà reçu rue Jeannin, avant la fin du XIXe siècle, des versements préfectoraux (la tutelle des communes y étant largement représentée), fiscaux ou des Ponts et chaussées.

Mais les archivistes du XXe siècle, s'appuyant sur toute une série de textes législatifs ou réglementaires spécifiques promulgués entre 1924 et 1980, purent étendre leur emprise sur la production archivistique d'un secteur public bien plus large que celui qui relevait de leurs prédécesseurs. Au bout du compte, en plus des fonds des administrations classiques, à peu près tous versés durant le dernier siècle écoulé, les Archives de la Côte-d'Or disposent aujourd'hui, pour documenter l'histoire du département au XIXe siècle, de beaucoup d'archives des petites communes, des minutiers notariaux, ou encore des archives scolaires. Au total, ce sont 3 à 4 km de rayonnages qu'occupent en Côte-d'Or les archives publiques du seul XIXe siècle, tous secteurs compris.

Masse considérable, comparée aux 6,5 km couverts par tous les siècles antérieurs, mais réellement peu de chose face à la production gigantesque du XXe siècle : les archives versées par les institutions publiques pour la seule période 1940-2000 ne représentent-elles pas déjà quelque 6 km, alors même que le plein est loin d'être fait ?