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Le document du mois de décembre 2010
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Société anonyme « Au Pauvre Diable »
Ce mois-ci, nous vous proposons de découvrir une lettre de l'administrateur de la société anonyme « Au Pauvre Diable », du 23 juin 1936.
Lettre de Monsieur Jean Gérault, administrateur de la société anonyme « Au
Pauvre Diable », adressée au Ministre de l'Intérieur, le 23 juin 1936.
Archives
départementales de la Côte-d'Or, 10M 86.
Cette lettre, envoyée à la
Direction Générale de la Sûreté Nationale du ministère de l'Intérieur par
Monsieur Jean Gérault, reprend les mêmes termes que la lettre adressée au Maire
de Dijon et communiquée au Préfet.
Il rappelle la gravité de la
situation puisque depuis la veille, le 22 juin, son magasin de la rue de la
Liberté à Dijon est occupé par le personnel en grève. Privé de son droit de
propriété et de sa liberté d'entreprendre, il porte plainte auprès du Procureur
de la République. Il avertit le Maire, responsable de l'ordre public, en cas de
dommages causés.
Sur le modèle « des grèves
sur le tas » décidées dans les grands magasins parisiens comme La
Samaritaine, le BHV ou Le Printemps début juin 1936, au moment de la formation
du gouvernement Blum, les employés du « Pauvre Diable », trois
semaines plus tard, le 22 juin, organisent un comité de grève et bloquent les
locaux. Jamais un tel mouvement n'avait secoué auparavant cette vieille maison,
fondée à Dijon en 1831, au Coin du Miroir.
Omnia Labore , autrement dit On aboutit à tout par le travail, que
l'on voit en haut sur l'imprimé est la devise adoptée par Georges Gérault (G.G
) au XIX e siècle. C'est entre 1924 et 1926 que des travaux importants sont
réalisés, avec en particulier la grande rotonde, couronnée d'un dôme imposant,
recouvert d'ardoise, qui figure à gauche du document.
Pour aller plus loin : les grèves à
Dijon en 1936
Des dizaines de lettres,
identiques à celle proposée, sont adressées par les patrons dijonnais au Maire
et au Préfet, attestant de l'ampleur de ce mouvement qui touche tous les
secteurs d'activité de la ville, à l'image de ce qui se passe en France.
Certains conflits éclatent encore fin 1936, comme celui très dur qui touche
pendant plus d'un mois, en novembre-décembre, les ateliers de confection des
vêtements Devred, rue Parmentier à Dijon et qui ne trouvera de solutions que
l'année suivante.
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